Chocolat et chocolatière au XVIIIeme

Chocolat et Chocolatière au XVIIIème

Le chocolat

En 1518,Cortez conquiert Mexico, capture la belle Marina qui l’initie à…. la fève de cacao.
Celle-ci servait de monnaie d’échange aux Aztèques: (un esclave pour 100 fèves, un lapin pour 10 fèves).
Pour cet usage les Conquistadores préféreront d’autre méthodes, mais, mélangeant le cacao, le sucre, et la vanille a d’autres ingrédients, ils créèrent le « chocolate » qu’entre autres merveilles, Cortez, présenta à Charles Quint en 1528.

Le secret de cette boisson magique (on la disait aphrodisiaque !) fut, pendant de longues années, jalousement gardée par les Espagnols, mais Anne d’Autriche, puis Marie-Thérèse, (secondée par Molina, sa célèbre gouvernante) en répandirent l’usage a la cour de France.

La chocolatière

C’est une verseuse destinée à la préparation puis au service du chocolat.

Sa forme générale, ne diffère pas de celle de la cafetière : elle est le plus souvent en forme de poire, montée sur trois pieds, munie d’ un bec haut et court attaché au col. Elle présente parfois une anse en bois noircie placée dans l’axe du bec ou, beaucoup plus fréquemment, un manche rond perpendiculaire à celui-ci.

On trouve beaucoup plus rarement la forme « marabout », sans pieds et reposant ou non sur une bâte.
Le manche perpendiculaire est souvent considéré comme un élément caractéristique de la chocolatière mais, en fait, on le trouve aussi dans la cafetière.

Ce qui identifie la chocolatière ce n’est pas son manche, mais l’orifice circulaire percé dans le couvercle. En effet pour incorporer à l’eau ou au lait l’épaisse pâte de cacao, il était nécessaire que le mélange versé dans la chocolatière soit chauffé et mélangé en permanence par un « moussoir » a ailettes. Le « moussoir » est introduit à travers le couvercle, grâce à cet orifice. On remarquera que la prise fixé sur la terrasse picote à cet effet.

Le moussoir est généralement de même nature que le manche ou l’anse, mais il semble bien qu’aucun ne soit parvenu jusqu’à nous.

La consommation de chocolat fut beaucoup moins répandue que celle du café, si bien que les chocolatières sont plus rares et…plus chères que les cafetières.
Le poids oscille entre 600 et1000 g pour une hauteur moyenne de 18 a 22 cms., mais dans le Nord de la France on peut trouver des modèles de plus de 30cms. et d un poids nettement supérieur a un kg.

Paris 1779
Bordeaux 1770
Douai 1743


Le décor varie avec les régions et les orfèvres, mais dans la forme simple habituellement rencontrée, si l’ornementation porte essentiellement sur le bec et les pieds, la main d’un orfèvre de talent est reconnaissable a la perfection générale de la forme, fruit de la difficile harmonie entre la partie haute et la partie basse.
Dans certaines chocolatières de prix, au travail du bec, de la graine, de la plate forme et des pieds, s’ajoutent des cotes droites ou torses ( parfois séparées par des méplats) cependant qu’a Bordeaux, Tillet, cercle élégamment la partie renflée d’un simple jonc.
La chocolatière est essentiellement un objet du XVIIIème car au XIXème, la « pâte » de cacao ayant été remplacée par une poudre soluble la chocolatière perd son autonomie, et sera remplacée par la « verseuse ».

Cardeilhac 1900
Paris 1775
Paris 1750
Paris 1779
Province 1848