Le thé et la théière

Le thé

Ses origines, mal connues, entourées du halo de la légende, remonteraient a 2000 ans avant notre ère; mais c’est « sous la dynastie des Tang ( 618/907 ) »que né l’art du thé Chinois : c’est-à-dire l’art de faire pousser et traiter les feuilles, de savoir faire infuser les thés les plus fins et d’en tirer le maximum de parfum et d’arôme »( Paul Butel).

Son introduction et sa consommation en Europe sont bien entendu moins lointaine et la première importation de thé qui date de 1606, est due aux Hollandais de la Compagnie des Inde (ils auraient échangés aux Chinois de la sauge contre du thé !…..)

Dans les années qui suivirent, le thé est surtout considéré comme un médicament ( Mazarin en consommait pour lutter contre la goutte) et, c’est très progressivement, sous Louis XIV, que le thé sera consommé non plus comme un médicament, mais comme une boisson .
A la fin du XVIIème, son usage est entrée dans les meurs de la Cour et en 1714 la Princesse Palatine déclare que le thé est aussi à la mode en FRANCE que le chocolat en Espagne.

Dans les années qui suivirent, la consommation de thé va devenir extrêmement importante en Angleterre et en Hollande, à un moindre degré, en France (l’Amphitrite, fut le 3 Aout 1700, le premier bateau français ramenant du thé dans sa cargaison).

Lors de son introduction, l’infusion est, comme en Chine, préparé en versant de l’eau bouillante sur les feuilles placées dans un bol ou une coupelle, mais le raffinement des mœurs va modifier son service: les bols ou les coupelles seront remplacés par des tasses et l’infusion se fera dans une verseuse qui, copiant les pots à alcool de riz, prendra la forme basse ventrue que nous lui connaissons.

Aux environs de 1700, le mot « théière » apparaît dans le vocabulaire

Le Théière au XVIII ème

Au XVIIème, le café et le chocolat sont des « boissons exotiques » qui entrent en Europe sans amener avec elles la civilisation dont elles sont issues.

Il en est tout autrement du thé qui fait partie avec la laque, la soie, la porcelaine, d’une civilisation raffinée qui va notablement influer sur les arts et les mœurs du XVIIIème siècle.

Dans ce contexte, la théière sera immédiatement un objet de grande qualité ayant une forme et une décoration qui lui sont propre, la distinguant nettement de la cafetière ou de la chocolatière.

Mais, son développement sera lent; en effet s’il est fait mention dans l’inventaire de 1673 du mobilier de la couronne d’une « petite marmite servant tant au thé qu’aux bouillons altératifs », c’est après la venue de l’ambassade de Siam, qu’apparaît la mode du thé et les théière antérieures à 1700 sont rarissimes.

En céramique, de son origine (le pot a alcool de riz), elle gardera, même de nos jours, une forme basse, renflée, avec un long bec placé bas, qui la font reconnaître au premier regard.

Parallèlement va apparaître la théière en argent, qui tout en gardant les caractéristiques du pot à alcool de riz va différer par la forme, mais aussi parce que, une grille placée à la base du bec verseur, empêche les feuilles de thé de passer dans la tasse.

La plus ancienne théière connue est anglaise, de forme sphérique, elle remonte à 1670.
En France les quelques exemplaires qui nous sont parvenus se situent autour de 1700 et sont insculpés des poinçons de Lille. (avant 1715 les théière de Paris, sont très rares).

LILLE 1709
PARIS 1713

Quelle que soit son origine, la théière en argent, présente un long bec incurvé, implanté très bas sur la panse et qui se termine généralement par une tête d’animal. A sa naissance, une grille soudée retient les feuilles.

A l’opposé du bec on trouve un manche en bois noirci (pouvant être en ivoire). La forme du manche et le décor des prises de celui-ci sont toujours très harmonieux et s’équilibrent parfaitement avec le volume de la théière.

Le corps de celle-ci peut être formé de côtes torses basses ou bien présenter une panse unie le plus souvent richement ciselé.

France 1738

En FRANCE, on trouve essentiellement des verseuses pyriformes dites « Régence » et c’est beaucoup plus tardivement qu’apparaîtra la forme sphérique ou ovoïde qui reste un modèle rare et recherché.

L’ensemble est toujours un objet d’un grand équilibre ( et de grand prix !…) qui s’adresse à une clientèle exigeante.

Du XVIIIème à nos jours

Début XIXème
Début XIXème
Fin XVIIème – Début XIXème
Epoque vieillard
Fin XIXème
Fin XIXème
Création Roland DARASPE
Théière et cafetière J.E PUIFORCAT
Théière « Ebenne » Création Roland DARASPE